L’avenir de la fonction RH : Génération Z, bonheur instantané, digitalisation…

2019-07-03T14:09:28+02:00

L’avenir de la fonction RH : Génération Z, bonheur instantané, digitalisation…

Conciergerie digitale

Hier matin, nous nous sommes réunis pour notre Petit-Déj’ RH, sur le thème du “L’avenir de la fonction RH : Génération Z, bonheur instantané, digitalisation…”, co-animé par Jean Benedetti, fondateur de One Conciergerie et Marc Lévi, psychanalyste et fondateur de 2LConseil.

Etat des lieux: constats, génération Y, …

Avant d’attaquer le vif du sujet, qu’en est-il de la génération Y ? En effet, qu’a-t-on appris du dernier choc générationnel (arrivée de la génération Y sur le marché du travail) ?

Aujourd’hui encore on constate que certaines entreprises se sont adaptées et d’autres peinent encore à le faire.

La taille des entreprises n’entre pas forcément en jeu, le problème réside plutôt dans l’état d’esprit des managers et des dirigeants de l’entreprise, toute génération confondue. En effet on rencontre de plus en plus de startup avec des jeunes ayant une façon de travailler pouvant être perçue comme old school malgré leur appartenance à la génération Z. Certains jeunes ne se retrouvent pas dans l’idée de télétravail par exemple.

Les entreprises doivent donc être en évolution permanente, à la recherche de progrès et d’action de QVT à mettre en place pour s’adapter à la nouvelle façon de travailler des plus jeunes sans perturber les autres générations.

Génération Z : Slashers, TDA, TDAH, multitasks / multipotentiels.

La multiplication des troubles de l’attention

On constate de plus en plus de troubles de l’attention parmi les jeunes de la génération Z. Il s’agit d‘une évolution physiologique en lien avec leur sollicitation constante causée par les nombreux écrans et réseaux sociaux avec lesquels ils interagissent en permanence. On peut aborder cette évolution sous un angle différent : cette dépendance aux écrans explique également leur capacité à être multitâches.

Le trouble de l’attention n’est pas obligatoirement lié au jeune âge, on retrouve ce cas chez de nombreuses personnes de générations antérieures, mais ils sont effectivement de plus en plus nombreux ne pas parvenir à se concentrer sur des sujets qui ne les intéressent pas ou qui ne font pas sens pour eux. On remarque en effet une nette augmentation des cas de troubles de l’attention (avec hyperactivité ou non) chez les jeunes.

Un défaut ou une qualité ?

Il faut aider les jeunes à gérer cette arborescence. Ce qui a longtemps été considéré comme une tare est ou peut être une qualité hors norme. La génération Z est d’ailleurs formée dès aujourd’hui à pouvoir gérer le manque de concentration, le fourmillement d’idées, leur pensée arborescente. Il existe des cas plus extrêmes, où le trouble de l’attention doit être traité médicalement, avec un traitement et un accompagnement par un psychologue.

Concentrés et déconcentrés: comment coexister ?

Comment, cependant, permettre à ces slashers distraits de coexister avec des personnes ayant besoin d’un espace serein pour se concentrer très fort et très longtemps ? Effectivement, certaines personnes ont une capacité de concentration très importante mais ont besoin d’être seul et sans distraction. La surconcentration est d’ailleurs un comportement fortement associé à l’autisme et aux comportements autistes. On constate que certaines entreprises américaines (MindSpark par exemple) sollicitent même des autistes pour leur faculté à se concentrer sur des sujets qui les intéressent et leur sens du détail.

On rencontre un réel fossé entre les personnes capables de “focus” pendant plusieurs heures sur un même sujet et les personnes se dé-concentrant facilement ou ayant besoin de changer de tâches régulièrement.

Les collaborateurs à forte capacité de concentration peuvent être souvent sollicités par d’autres collaborateurs qui ont besoin de réponses ou d’accompagnement sur différentes tâches, ou qui ont besoin d’exprimer leurs idées. La coexistence de ces deux types de profils peut provoquer des tensions car les “mindsets” sont tellement éloignés qu’ils créent de la frustration d’un côté ou de l’autre.

A titre d’exemple, le collaborateur “slasher” va avoir tendance à déranger ses collègues “focus” en émettant des idées constamment et son travail peut être considéré comme bâclé par certains autres collaborateurs, car abordé différemment.

Génération Z : Bonheur instantané, quête de sens…

Le rapport au temps de travail n’est plus le même.

Les nouvelles générations veulent profiter de la vie maintenant, de leurs loisirs, de leurs passions, de leur famille. La balance vie privée / vie pro n’est plus équilibrée, elle penche souvent davantage vers la vie personnelle, mais cela n’enlève pas du tout l’intérêt qu’un jeune peut avoir pour son travaille, s’il rencontre ses valeurs ou ses centres d’intérêt. Tout est une question de curseur des priorités.

Qu’en est-il de l’affectio societatis (corporatisme) ?

Les jeunes ont besoin d’un rapport gagnant-gagnant avec l’entreprise.

De plus, les valeurs de l’entreprise doivent concorder avec les valeurs et les principes individuels de chacun. Le sens que les jeunes générations donnent à leur travail a une place beaucoup plus importante aujourd’hui. D’où la montée du brown-out qui est une situation où le collaborateur ne trouve plus de sens dans son travail.

Si les valeurs ne concordent plus ou si ce qu’on demande aux nouvelles générations ne rentre pas dans leur équilibre vie pro/vie privée, ils vont tout simplement chercher une autre entreprise.

L’instantanéité est étroitement liée à ce manque d’esprit collectif d’entreprise, car les nouvelles générations veulent profiter, voir des résultats immédiatement. Donc la récompense ou les résultats doivent avoir un impact à court terme pour les motiver.

Le bonheur pour les jeunes générations s’éloigne de l’idée “un CDI un mariage des enfants”. Le bonheur est quotidien, la vie se vit tous les jours. La procrastination du bonheur est de moins en moins vraie pour les nouvelles générations. En effet, c’est très Z de se dire « je veux le résultat tout de suite », l’instantané est au cœur de la génération, alors que les générations précédentes ont beaucoup assimilé “tu feras ce que tu aimes plus tard”

Comment attirer les jeunes générations dans son entreprise ?

Une entreprise (start-up ou de grande taille) peut rencontrer des difficultés à attirer de nouveaux talents. Il est important lors d’un entretien d’embauche, de mettre en avant toutes les actions de QVT mises en place au sein de l’entreprise et ses valeurs, et par la même occasion de demander aux candidats s’ils se retrouvent dans ses valeurs.

Comment garder les nouvelles recrues ?

Le management est la clé. C’est aux entreprises et aux managers de s’adapter aux besoins de chaque recrue en mettant en place des actions de QVT, en aménageant les emplois du temps et en inspirant confiance aux équipes.

Il faut un accompagnement pour les managers pour qu’ils deviennent plus flexibles.

Comment mettre en place des actions de QVT en face de plusieurs générations hétérogènes ?

La QVT doit s’adapter à chaque personne. En effet, chaque personne a des valeurs et des besoins différents. Certaines personnes vont vouloir faire du sport au travail, de la méditation… quand d’autres préfèreront l’humanitaire.

C’est à l’entreprise et aux managers de s’adapter, et de répondre au mieux aux besoins de chacun.

Il faut analyser les besoins individuels des collaborateurs et réfléchir à l’impact qu’aurait une action de QVT avant de la mettre en place, pour avoir les meilleurs résultats.

Pour conclure, après l’arrivée de la génération Y sur le marché du travail, l’arrivée des générations Z bouleverse encore un peu plus la façon de travailler et le rapport au travail. Les mindsets sont différents et ce qui était considéré comme un défaut ou une pathologie auparavant est aujourd’hui reconnu comme une qualité. Reste à savoir comment l’appréhender dans les entreprises qui, demain, seront constituées de collaborateurs Z.

Naomi Dupont