Addiction aux écrans : Comment faut-il les appréhender dans les entreprises ? Est-ce un frein à la productivité ?

2019-07-03T14:10:30+01:00

Addiction aux écrans : Comment faut-il les appréhender dans les entreprises ? Est-ce un frein à la productivité ?

conciergerie digitale

Ce Jeudi, nous nous sommes réunis pour la 3ème édition du Petit-Déj’ RH, sur le thème de l’addiction aux écrans, co-animé par Jean Benedetti, fondateur de One Conciergerie et Marc Lévi, psychanalyste et fondateur de 2LConseil.

Les écrans font partie de notre quotidien, et seront à l’avenir de plus en plus présents aussi bien dans notre vie privée que dans notre vie professionnelle et nous parlons fréquemment d’une problématique d’addiction aux écrans qui semble prendre de plus en plus d’ampleur. Nous vérifions constamment nos notifications, nos réseaux sociaux, nos mails… Nous sommes sollicités en permanence. Certains d’entre nous se déclarent même esclaves de leurs écrans. Il n’est pas rare d’être angoissé ou stressé sans accès à notre écran favori.

Mais le problème réside-t-il dans la présence massive des écrans ou dans notre rapport à ceux-ci? Comment aborder ces problématiques en entreprise?

Dans un premier temps, nous avons discuté des différents types d’utilisation du téléphone avant de réfléchir à l’interdiction/l’autorisation d’utiliser son téléphone au travail et de l’impact de cette décision sur le bien-être au travail. Enfin, nous avons abordé le fait que les écrans peuvent être un allié à la QVT.

De l’utilisation à l’addiction

Certains d’entre nous ont d’emblée exprimé leur besoin permanent d’avoir leur téléphone. Plusieurs types de comportements ont été décrits : de celui qui vérifie ses notifications sur tous les réseaux et ses mails, dès le réveil et qui jette un dernier coup d’oeil à son smartphone juste avant de fermer les yeux, à celle qui a décidé de se passer de son portable en société ou de désactiver toutes les notifications pour “avoir la paix”. Nos rapports à nos écrans sont bien différents en fonction de nos caractères et de notre structure mentale. Il semble qu’il y ait des comportements plus ou moins sains envers les écrans, comme de tout objet / substance addictive.

Globalement, on peut considérer que les écrans deviennent nocifs lorsque nous en avons besoin pour nous sentir aimé ou pour exister. Le problème réside dans notre besoin de combler un vide ou une carence, ce qui créé une addiction, à l’écran de notre smartphone ou à autre chose par ailleurs.

Pour pallier ce phénomène de plus en plus important, il existe même des detox digitales visant à travailler sur ce qui a créé la dépendance, sur notre rapport à l’écran et non sur l’éradication de l’écran en lui-même.

Faut-il autoriser les portables au travail ?

L’utilisation du portable peut s’avérer nécessaire et indispensable pour certains métiers, ce que nous voulons aborder ici c’est l’utilisation du portable personnel pendant les heures de travail. Interdire l’accès aux téléphones portables pendant les heures de travail peut sembler une solution judicieuse pour inciter les individus à se concentrer et être efficients. Mais comme nous l’avons vu, il semblerait que l’interdiction formelle de l’utiliser puisse être une source d’angoisse et de stress. Au lieu d’aider l’individu à se concentrer et à être plus efficient au travail, l’effet peut être tout l’inverse. Plutôt que de recentrer l’esprit du salarié sur son travail, celui-ci vagabonde automatiquement sur ce qui peut bien être en train de se passer sur ses réseaux, imagine un appel manqué ou un SMS non vu. Autoriser l’accès aux portables sur le lieu de travail pourrait nous permettre de diminuer la charge mentale et le stress que l’interdiction peut engendrer. Contrairement aux idées reçues, regarder son portable de temps en temps n’aurait pas d’impact sur la concentration ou la productivité. Effectivement, l’utilisation du portable ou ne serait-ce que la vue de son appareil sur son bureau, peut permettre à certaines personnes de se concentrer davantage au même titre que ceux qui ont besoin de travailler en écoutant de la musique.

Une fois que nous avons identifié que le problème ne résidait pas dans l’accès permanent aux écrans mais dans une addiction présente chez le collaborateur, le besoin d’instaurer des politiques de restriction à l’accès aux écrans au travail ne se fait plus ressentir.

Comment tirer parti de nos écrans ?

Il est intéressant de se servir des écrans comme d’outils capables d’améliorer le bien-être au travail. Ainsi, dans l’optique d’augmenter leur productivité et d’impacter positivement les performances des salariés, de plus en plus d’entreprises choisissent d’investir dans des solutions digitales pour améliorer les conditions de travail, créer du lien social et booster la productivité de l‘entreprise. Par exemple, @Workwell (anciennement Nevereatalone) propose des solutions pour connecter les collaborateurs d’une même entreprise entre eux, @Slack offre un moyen de communication intuitif et ludique avec ses collègues et permet de rendre les interactions plus informelles, et @OneConciergerie met en service 24/7 une conciergerie digitale pour aider les collaborateurs à concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle et alléger leur charge mentale au travail. L’accès aux écrans peut donc être indispensable et positif pour une entreprise ainsi que pour ses salariés. Mais nous pouvons nous demander si l’utilisation des écrans, notamment des portables sur le lieu de travail, peut altérer à la productivité et à la concentration des salariés.

En deux mots : Quelle est la responsabilité de l’entreprise ?

Sachant que l’utilisation des écrans va être de plus en plus massive, l’entreprise peut en tirer parti en mettant en place des outils digitaux pour les salariés afin de faciliter et d’améliorer la qualité de vie au travail. L’interdiction totale ou même la limitation de l’utilisation des écrans personnels sur le lieu de travail semble contre-productive. Pour éviter tout comportement déviant de type addictif, il faudrait dans l’idéal éduquer les salariés sur l’addiction et ses dérives, les prévenir des risques et travailler sur ses conséquences éventuelles de cette sur-exposition aux écrans.

Merci à tous les participants ! On se retrouve à notre prochain Petit-Déj’ RH, le Jeudi 8 Novembre, qui traitera du bien-être de la fonction RH.

Article co-écrit par Naomi Dupont et Mathilde Philippe; Réunion co-animée par Jean Benedetti et Marc Levy

Mathilde Philippe